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Une guerre qui se ressent jusque dans les rayons de nos magasins

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Le flux de communiqués inquiétants et d’images déchirantes en provenance d’Ukraine ne laisse personne indifférent. Il est clair que la guerre a un impact humanitaire incroyablement lourd. Ces dernières semaines, de nombreuses entreprises alimentaires belges ont également lancé des campagnes pour aider aussi bien les victimes sur place que les réfugiés dans notre pays. Mais les conséquences du conflit entre l’Ukraine et la Russie se ressentent déjà aussi chez nous et entraînent un nouveau « stress test » dans la chaîne alimentaire. Les entreprises alimentaires sont aujourd’hui confrontées à une épreuve sans précédent qui s’ajoute à la pénurie et à l’explosion des coûts qui prévalent déjà.

La première cause est, bien entendu, la pénurie de diverses matières premières et d’emballages, qui a été fréquemment abordée dans les médias ces derniers jours. Ainsi, les raffineries européennes d’huiles végétales achètent 35 % à 45 % de leur huile de tournesol en Ukraine. De nombreux producteurs recherchent désormais des alternatives, qui sont évidemment beaucoup plus coûteuses. En outre, les fabricants de pain et de produits de boulangerie, de pâtes et de biscuits, qui utilisent la farine blanche et la farine bise comme ingrédients, ressentent aussi les effets de la réduction des exportations de blé en provenance de Russie et d’Ukraine. Mais les producteurs belges sont également menacés de pénurie d’autres ingrédients, tels que l’huile de lin et même les ovoproduits.  Les emballages tels que les bouteilles et les bocaux en verre risquent eux aussi de se raréfier.

En même temps, les coûts des matières premières, de l’énergie, des emballages et du transport continuent d’augmenter jusqu’à des niveaux sans précédent. La perturbation mondiale de la chaîne d’approvisionnement a entraîné une hausse considérable des prix des matières premières au cours des 18 derniers mois et la guerre en Ukraine les pousse encore plus à la hausse. Il en va de même pour le coût de l’énergie. L’industrie alimentaire étant un secteur à forte intensité énergétique, l’explosion des prix de l’énergie pèse lourdement sur les coûts de production des aliments et des boissons. 

Le moment est donc venu de prendre des mesures adéquates pour guider nos entreprises et notre chaîne alimentaires pendant cette période. Cette situation exige une intervention urgente du gouvernement ! Cela peut se faire tout d’abord en donnant à nos entreprises la flexibilité nécessaire pour répondre à la pénurie criante de matières premières essentielles. L’assouplissement des règles d’importation et d’étiquetage peut certainement aider, tout comme la prévention des amendes logistiques lorsque les livraisons ne peuvent pas être effectuées à temps, voire pas du tout. ll nous semble également évident que nous devrions désormais utiliser au maximum les matières premières essentielles pour la production d’aliments et de boissons au lieu de les utiliser à d’autres fins. En outre, dans l’attente de mesures plus structurelles, nous demandons que les coûts énergétiques soient réduits le plus rapidement possible, avec un effort supplémentaire en faveur des entreprises les plus touchées.  

Dans les circonstances actuelles, nos clients – en particulier les chaînes de supermarchés qui déterminent en grande partie les prix à la consommation et n’ont elles-mêmes que peu souffert de la crise du coronavirus – ne peuvent pas ignorer les demandes justifiées des entreprises alimentaires de prendre en compte les augmentations de prix nécessaires. Les ignorer maintenant équivaudrait à une négligence coupable. Le fait que les prix des aliments et des boissons n’aient augmenté que de 3 à 4 % cette année est irréaliste face aux nombreux coûts supplémentaires que doivent supporter les producteurs de la chaîne agroalimentaire. Le système des contrats annuels ne doit pas être une raison pour répercuter tous les coûts sur nos producteurs.

Enfin, nous appelons nos décideurs politiques à offrir dès maintenant à nos entreprises la stabilité et le répit nécessaires. Nos entreprises n’ont vraiment pas besoin de charges, de coûts et d’obligations supplémentaires. Un « time out » doit permettre d’empêcher un « knock-out » pour de nombreuses entreprises.